Séq. CXXVI
- C’est… c’est encore vous…
- C’est encore nous. Alors ? Que retires-tu de cette expérience ?
- Rien… Je ne sais pas… Laissez-moi, par pitié…
Un nouveau choc vient faire claquer mes dents les unes contre les autres, m’envoyant rouler sur le ventre quelques mètres plus loin. J’essaie de me relever, mais ma main tremble trop pour pouvoir se tenir à quoi que ce soit. Alors je reste par terre, misérable. J’écoute le bruit du feu qui joue dans l’épave grillée. J’écoute le son du silence qui me fait penser que le souvenir du reste de la rue a du disparaître.
- Pitié ? Tu réclames de la pitié ? Est-tu sûr de frapper à la bonne porte ?
- Non… Mais le mal est fait. J’ai déjà tant souffert en votre nom…
- Pas suffisamment.
Le coup m’atteint directement dans les tempes. Le sang coule dans les cheveux ébouriffés du corps d’une fillette sur lequel je m’écroule. Je prends une grande bouffée d’air et évacue les substances qui engorgent mon œsophage. Je recrache quelques dents au passage.
- Mais… vous ne pouvez pas… bouger… vos… membres…
Il y a forcément quelqu’un d’autre avec eux…
- Qui… est… là ?
J’entends des pas qui s’éloignent précipitamment en faisant des bruits semblables à des bottes pataugeant dans une flaque. Plus moyen de savoir à présent… je ne compte pas sur leur aide pour me dire de qui il s’agissait.
- C’est elle qui ne voulais pas que tu voies. C’est elle qui t’a incité à ouvrir les portes. C’est elle qui t’a rendu fou. Veux-tu la rejoindre ?
- Oui…
- Elle est entrée dans l’école.
Je rampe d’un corps à l’autre, rencontrant parfois les spectres de ces mêmes cadavres à travers ma route. Ils n’ont même plus besoin d’utiliser leurs méthodes… Ma souffrance a déjà atteint ses limites. Il y a longtemps que je serai mort, si cette dernière représentait quelque chose. J’essuie mon front avec la main qui me reste pour stopper les coulées de sueur qui viennent chatouiller mes orbites mutilées.
Je sens le bois du parvis de la porte sous mes avant-bras. Par chance, la porte est ouverte… Cela m’évitera l’impérieux effort de me hisser sur une main pour ouvrir la porte avec l’extrémité de mon radius.
Ce ne sont pas des bruits d’école que j’entends à l’intérieur. Ce ne sont pas non plus des professeurs atterrés devant le drame qui téléphonent aux ambulanciers. C’est un bruit beaucoup plus profond, beaucoup plus mécanique qui remplit le hall d’entrée.
C’est même le tout premier bruit que j’ai pu entendre en me réveillant ici.
Brrrmmm… Brrrmmm…
- C’est encore nous. Alors ? Que retires-tu de cette expérience ?
- Rien… Je ne sais pas… Laissez-moi, par pitié…
Un nouveau choc vient faire claquer mes dents les unes contre les autres, m’envoyant rouler sur le ventre quelques mètres plus loin. J’essaie de me relever, mais ma main tremble trop pour pouvoir se tenir à quoi que ce soit. Alors je reste par terre, misérable. J’écoute le bruit du feu qui joue dans l’épave grillée. J’écoute le son du silence qui me fait penser que le souvenir du reste de la rue a du disparaître.
- Pitié ? Tu réclames de la pitié ? Est-tu sûr de frapper à la bonne porte ?
- Non… Mais le mal est fait. J’ai déjà tant souffert en votre nom…
- Pas suffisamment.
Le coup m’atteint directement dans les tempes. Le sang coule dans les cheveux ébouriffés du corps d’une fillette sur lequel je m’écroule. Je prends une grande bouffée d’air et évacue les substances qui engorgent mon œsophage. Je recrache quelques dents au passage.
- Mais… vous ne pouvez pas… bouger… vos… membres…
Il y a forcément quelqu’un d’autre avec eux…
- Qui… est… là ?
J’entends des pas qui s’éloignent précipitamment en faisant des bruits semblables à des bottes pataugeant dans une flaque. Plus moyen de savoir à présent… je ne compte pas sur leur aide pour me dire de qui il s’agissait.
- C’est elle qui ne voulais pas que tu voies. C’est elle qui t’a incité à ouvrir les portes. C’est elle qui t’a rendu fou. Veux-tu la rejoindre ?
- Oui…
- Elle est entrée dans l’école.
Je rampe d’un corps à l’autre, rencontrant parfois les spectres de ces mêmes cadavres à travers ma route. Ils n’ont même plus besoin d’utiliser leurs méthodes… Ma souffrance a déjà atteint ses limites. Il y a longtemps que je serai mort, si cette dernière représentait quelque chose. J’essuie mon front avec la main qui me reste pour stopper les coulées de sueur qui viennent chatouiller mes orbites mutilées.
Je sens le bois du parvis de la porte sous mes avant-bras. Par chance, la porte est ouverte… Cela m’évitera l’impérieux effort de me hisser sur une main pour ouvrir la porte avec l’extrémité de mon radius.
Ce ne sont pas des bruits d’école que j’entends à l’intérieur. Ce ne sont pas non plus des professeurs atterrés devant le drame qui téléphonent aux ambulanciers. C’est un bruit beaucoup plus profond, beaucoup plus mécanique qui remplit le hall d’entrée.
C’est même le tout premier bruit que j’ai pu entendre en me réveillant ici.
Brrrmmm… Brrrmmm…


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