Séq. CXXXX
Que vient-elle de dire ?
- Tout dépend de l’issue du combat… tâche d’en prendre compte.
Elle me demande l’impossible… Pourtant, je sais qu’au fond de moi, tant qu’il restera une once d’énergie, je pourrai donner le meilleur de moi. Alors pourquoi abandonner maintenant ?
Je plonge cette fois ma main encore fonctionnelle au plus profond du visage de mon agresseur. Je sens la douleur frapper simultanément sur la paroi interne de mon crâne. Qui s’en soucie encore… J’enfonce mes doigts dans l’orifice humide de son œsophage et tente de broyer ce que je peux encore attraper. En même temps, le sang me monte si vite au cerveau que mes orbites font rouler le blanc de mes yeux de droite à gauche tel un monstrueux balancier. Ses mains me lâchent finalement pour essayer d’extraire celle que je lui ai planté dans la gorge. J’en profite pour le repousser en arrière si bien qu’il tombe à la renverse sous mon poids. Ma tête vient frapper sa cage thoracique que je sais dans le même état que la mienne. C’est alors qu’il attrape mon visage en enfonçant chacun de ses doigts dans chacune des ouvertures offertes et qu’il commence à compresser le tout avec une force formidable.
Tout tremble autour de moi. Je ne sais même plus si nous sommes toujours au sol où si nous nous tenons debout. J’essaie seulement de retirer des phalanges de mes oreilles, de mes narines, de mes orbites avant qu’il ne soit trop tard. Malheureusement, une seule main se révèle inefficace pour espérer éviter le pire.
Il veut remodeler mon visage comme le sien !
Je sens des flots de sang couler de ma tête qu’il compresse comme un citron dont on extrairait le jus. Je n’ai plus aucune image en tête pour décrire la souffrance que l’on endure lorsque l’on est encore en vie dans ces moments-là.
J’utilise mes pieds une dernière fois pour frapper comme un forcené dans ses côtes fêlées. Nous nous écroulons violemment entre deux rangées de sièges, mais cela ce suffit pas à le faire desserrer sa redoutable étreinte.
Je… ne dois pas… me laisser faire…
Il me reste encore un peu… de…
En projetant mes quatre membres dans sa direction, j’arrive enfin à le faire décrocher. Je prends une demi-seconde pour tenter de respirer, mais je ne fais que d’inhaler de l’hémoglobine que je recrache aussitôt. Je rampe en direction du couloir central et me faufile entre les poteaux dans l’idée saugrenue qu’il ne me suivrait pas.
Je parviens à toucher un des strapontins situé près des portes avant de recevoir un terrible coup de pied aussi bien visé que mal intentionné. Je me recroqueville en position fœtale pour éviter d’autres attaques. Peine perdue : ses muscles sont en bien meilleur état que les miens et il n’a aucun mal à accéder à nouveau à mon visage déjà à moitié compressé.
Tout se joue sur la seconde qui suit. Un de mes gestes de panique est si brutal qu’il recule d’un pas en direction de la porte, espérant s’y tenir pour reprendre son équilibre. Sauf que… les portes n’ont jamais existé. L’ignorait-il ?
Son corps est aussitôt coincé entre la paroi du tunnel et le train lancé à haute vitesse. Je peux le sentir à travers la résistance soudaine de la rame et au bruit curieux que ce frottement émet. J’entends un bruit de meule, divers craquements qui se répercutent aussitôt en moi, comme si chacun de mes os était piégé par de minuscules bombes qui seraient reliées au même détonateur. Si je ne le sauve pas de son sort peu enviable, je finirai moi aussi en vulgaire tas de viande.
Le hasard a finalement raison de lui et il vient à disparaître au loin, me laissant quelques os du bras intact.
- Cela---… ----ton avenir -… -----maintenant ----présent…
Je ne comprends plus grand chose de ce qu’elle me raconte. Je ne sais même pas s’il y a vraiment quelqu’un à mes côtés…
Un crissement soudain et une grande force d’attraction me font comprendre que le train se met à ralentir.
J’y suis arrivé…
- Tout dépend de l’issue du combat… tâche d’en prendre compte.
Elle me demande l’impossible… Pourtant, je sais qu’au fond de moi, tant qu’il restera une once d’énergie, je pourrai donner le meilleur de moi. Alors pourquoi abandonner maintenant ?
Je plonge cette fois ma main encore fonctionnelle au plus profond du visage de mon agresseur. Je sens la douleur frapper simultanément sur la paroi interne de mon crâne. Qui s’en soucie encore… J’enfonce mes doigts dans l’orifice humide de son œsophage et tente de broyer ce que je peux encore attraper. En même temps, le sang me monte si vite au cerveau que mes orbites font rouler le blanc de mes yeux de droite à gauche tel un monstrueux balancier. Ses mains me lâchent finalement pour essayer d’extraire celle que je lui ai planté dans la gorge. J’en profite pour le repousser en arrière si bien qu’il tombe à la renverse sous mon poids. Ma tête vient frapper sa cage thoracique que je sais dans le même état que la mienne. C’est alors qu’il attrape mon visage en enfonçant chacun de ses doigts dans chacune des ouvertures offertes et qu’il commence à compresser le tout avec une force formidable.
Tout tremble autour de moi. Je ne sais même plus si nous sommes toujours au sol où si nous nous tenons debout. J’essaie seulement de retirer des phalanges de mes oreilles, de mes narines, de mes orbites avant qu’il ne soit trop tard. Malheureusement, une seule main se révèle inefficace pour espérer éviter le pire.
Il veut remodeler mon visage comme le sien !
Je sens des flots de sang couler de ma tête qu’il compresse comme un citron dont on extrairait le jus. Je n’ai plus aucune image en tête pour décrire la souffrance que l’on endure lorsque l’on est encore en vie dans ces moments-là.
J’utilise mes pieds une dernière fois pour frapper comme un forcené dans ses côtes fêlées. Nous nous écroulons violemment entre deux rangées de sièges, mais cela ce suffit pas à le faire desserrer sa redoutable étreinte.
Je… ne dois pas… me laisser faire…
Il me reste encore un peu… de…
En projetant mes quatre membres dans sa direction, j’arrive enfin à le faire décrocher. Je prends une demi-seconde pour tenter de respirer, mais je ne fais que d’inhaler de l’hémoglobine que je recrache aussitôt. Je rampe en direction du couloir central et me faufile entre les poteaux dans l’idée saugrenue qu’il ne me suivrait pas.
Je parviens à toucher un des strapontins situé près des portes avant de recevoir un terrible coup de pied aussi bien visé que mal intentionné. Je me recroqueville en position fœtale pour éviter d’autres attaques. Peine perdue : ses muscles sont en bien meilleur état que les miens et il n’a aucun mal à accéder à nouveau à mon visage déjà à moitié compressé.
Tout se joue sur la seconde qui suit. Un de mes gestes de panique est si brutal qu’il recule d’un pas en direction de la porte, espérant s’y tenir pour reprendre son équilibre. Sauf que… les portes n’ont jamais existé. L’ignorait-il ?
Son corps est aussitôt coincé entre la paroi du tunnel et le train lancé à haute vitesse. Je peux le sentir à travers la résistance soudaine de la rame et au bruit curieux que ce frottement émet. J’entends un bruit de meule, divers craquements qui se répercutent aussitôt en moi, comme si chacun de mes os était piégé par de minuscules bombes qui seraient reliées au même détonateur. Si je ne le sauve pas de son sort peu enviable, je finirai moi aussi en vulgaire tas de viande.
Le hasard a finalement raison de lui et il vient à disparaître au loin, me laissant quelques os du bras intact.
- Cela---… ----ton avenir -… -----maintenant ----présent…
Je ne comprends plus grand chose de ce qu’elle me raconte. Je ne sais même pas s’il y a vraiment quelqu’un à mes côtés…
Un crissement soudain et une grande force d’attraction me font comprendre que le train se met à ralentir.
J’y suis arrivé…


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